L’intelligence est une partie indissociable de la vie.
L’intelligence est la qualité naturelle de la vie.
De la même façon que le feu est chaud, que l’air est invisible et que l’eau coule vers le bas, de même la vie est intelligente.
L’intelligence n’est pas le résultat d’un apprentissage ou de quoi que ce soit : vous êtes né intelligent.
Les arbres sont intelligents à leur façon, ils ont l’intelligence qui convient à leur vie.
Les oiseaux sont intelligents, de même que tous les animaux. En réalité, ce que les religions veulent dire par Dieu est seulement ceci – que l’univers est intelligent, qu’il y a de l’intelligence cachée partout.
Et si vous avez des yeux pour voir, vous pouvez le constater, partout.
La vie est intelligence…
C’est seulement l’homme qui est devenu inintelligent.
L’être humain a endommagé le cours naturel de la vie.
À part dans l’homme, il n’y a d’inintelligence nulle part.
Avez-vous jamais vu un oiseau que vous pourriez dire stupide ? Avez-vous déjà vu un animal que vous pourriez qualifier d’idiot ? Non, une telle chose n’arrive qu’à l’homme. Quelque chose est allé de travers.
L’intelligence de l’homme a été endommagée, faussée, elle est handicapée.
Et la méditation n’est rien d’autre que réparer ce dommage.
La méditation n’aurait pas du tout été nécessaire si l’on avait laissé l’homme tranquille.
Si le prêtre et le politicien n’interféraient pas avec l’intelligence des êtres humains, il n’y aurait aucun besoin de la moindre méditation. La méditation est médicinale – vous devez d’abord créer la maladie, et puis la méditation devient nécessaire.
Si la maladie n’était pas là, la méditation ne serait pas nécessaire.
Et ce n’est pas par hasard que les mots médecine et méditation ont la même racine. La méditation est thérapeutique.
Chaque enfant naît intelligent, et dès que l’enfant naît on lui saute dessus et on détruit son intelligence, parce que l’intelligence est dangereuse pour la structure politique, pour la structure sociale et la structure religieuse. Elle est dangereuse pour le pape, elle est dangereuse pour le prêtre, elle est dangereuse pour le leader. Elle est dangereuse pour le statu quo, l’establishment !
L’intelligence est naturellement rebelle.
L’intelligence ne peut être forcée à aucune servitude.
L’intelligence s’affirme, elle est individuelle.
On ne peut pas forcer l’intelligence à n’être qu’une imitation mécanique.
Les gens doivent être transformés en copies carbones ; leur originalité doit être détruite, autrement tout ce non sens qui existe sur terre serait impossible.
Vous avez besoin d’un leader, parce que vous avez d’abord été rendu inintelligent – autrement il n’y aurait besoin d’aucun leader.
Pourquoi devriez-vous suivre quelqu’un ? Vous suivriez votre propre intelligence.
Si quelqu’un veut devenir un leader, une chose doit d’abord être faite : votre intelligence doit être détruite d’une manière ou d’une autre.
Vous devez être secoué au plus profond de vous-mêmes, on doit faire de vous des gens effrayés. Vous devez perdre confiance en vous – toute l’astuce est là. C’est alors que le leader entre en scène.
Si vous êtes intelligent, vous résoudrez vos problèmes vous-même. L’intelligence suffit pour résoudre tous les problèmes. En fait, quels que soient les problèmes que la vie crée, vous avez plus d’intelligence qu’il n’en faut. C’est un cadeau de la nature, vous en avez la quantité nécessaire.
Mais il y a des gens ambitieux qui veulent diriger, qui veulent dominer ; il y a des malades ambitieux – ils créent la peur en vous.
La peur est comme la rouille, elle détruit toute intelligence.
Si vous voulez détruire l’intelligence de quelqu’un, la première chose est de créer de la peur : faites naître la peur et effrayez les gens. Quand les gens ont peur de l’enfer ils vont se prosterner devant le prêtre. Ils vont écouter le prêtre. S’ils n’écoutent pas le prêtre ils vont devoir affronter le feu de l’enfer – et évidemment ils ont peur ! Ils doivent se tenir à distance des flammes de l’enfer, et pour cela le prêtre est nécessaire. Le prêtre devient la solution.
J’ai entendu parler de deux hommes qui étaient partenaires dans une même affaire. C’était une combine astucieuse ; ils voyageaient à travers le pays. L’un allait dans une ville et la nuit il enduisait de goudron les fenêtres des gens, et il disparaissait au petit matin.
Deux ou trois jours après, l’autre arrivait, et il proposait de nettoyer le goudron des fenêtres. Et bien sûr les gens devaient payer ! Ils étaient partenaires dans la même affaire. L’un créait le dommage, l’autre venait le réparer.
On doit d’abord créer la peur, et aussi l’avidité. L’intelligence n’est pas avide. Vous serez surpris d’apprendre qu’une personne intelligente n’est jamais avide. L’avidité fait partie de l’inintelligence. Vous accumulez pour demain parce que vous n’êtes pas sûr que demain vous serez capable d’assumer votre vie, sinon pour quoi accumuler ? Vous devenez des avares, vous devenez avides, car vous ne savez pas si demain votre intelligence sera capable d’affronter la vie ou pas. Qui sait ?
Vous n’avez pas confiance dans votre intelligence, alors vous accumulez, vous devenez avide. Une personne intelligente n’a pas peur, elle n’est pas avide.
La peur et l’avidité marchent ensemble – c’est pourquoi le paradis et l’enfer vont de pair. L’enfer c’est la peur, et le paradis c’est l’avidité.
Créez la peur chez les gens et créez l’avidité aussi – rendez-les aussi avides que possible. Rendez-les tellement avides que la vie ne puisse pas les satisfaire, alors ils iront voir le prêtre et le leader politique.
Ils vont se mettre à fantasmer sur une vie future où leurs ridicules désirs et leurs stupides rêves seraient exaucés !
Faites attention à cela : demander l’impossible, c’est être inintelligent.
Une personne intelligente est complètement satisfaite avec ce qui est possible. Elle met son énergie dans ce qui est probable ; elle ne met jamais son énergie dans l’impossible et l’improbable, non. Elle regarde la vie et ses limitations. Elle n’est pas perfectionniste. Un perfectionniste est névrosé. Si vous êtes perfectionniste vous allez devenir parano.
Par exemple, si vous aimez une femme et que vous exigez une fidélité absolue, vous allez devenir fou, et elle va devenir folle. Ce n’est pas possible. Une fidélité absolue veut dire qu’elle ne doive même pas penser, qu’elle ne doit même pas rêver à un autre homme – ce n’est pas possible.
Qui êtes-vous ? Pourquoi est-elle tombée amoureuse de vous ? Parce que vous êtes un homme ! Si elle a pu tomber amoureuse de vous pourquoi ne pourrait-elle pas penser aux autres ? Cette possibilité existe. Et comment va-t-elle se débrouiller si elle voit quelqu’un de beau qui passe et qu’un désir s’éveille en elle ? Même de dire « cet homme est beau » est du désir – le désir est entré. Vous ne dites seulement que quelque chose est beau quand vous ressentez que ce serait bien de le posséder ou de jouer avec. Vous n’êtes pas indifférent.
Si vous demandez une fidélité absolue – comme les gens l’ont demandé – alors il est sûr qu’il va y avoir des conflits, et vous allez rester soupçonneux. Et vous allez être soupçonneux parce que vous connaissez votre propre mental – vous pensez à d’autres femmes, alors comment pourriez-vous croire que votre femme ne pense pas à d’autres hommes ? Vous savez à quoi vous pensez, alors vous savez aussi qu’elle pense les mêmes choses. Maintenant la méfiance a fait son apparition, ainsi que le conflit - l’enfer quoi !
Un amour qui était possible est devenu impossible à cause d’un impossible désir !
Les gens demandent ce qui ne peut pas être fait.
Vous voulez une sécurité pour le futur… qui n’est pas possible !
Vous voulez une totale sécurité pour demain – cela ne peut pas être garanti : ce n’est pas dans la nature de la vie. Une personne intelligente sait que ce n’est pas dans la nature des choses. Le futur reste ouvert – la banque peut faire faillite, la femme peut partir avec quelqu’un d’autre, le mari peut mourir, les enfants peuvent se révéler ingrats.
Qui sait de quoi demain sera fait ? Vous pouvez tomber malade, vous pouvez devenir handicapé. Qui sait de quoi demain sera fait ?
Demander la sécurité pour demain, c’est rester dans une peur constante.
La sécurité n’est pas possible.
Si vous avez peur de l’insécurité, votre peur ne peut pas être détruite. La peur sera là, vous tremblerez – et pendant ce temps l’instant présent sera raté.
Avec un désir de sécurité pour le futur vous détruisez l’instant présent qui est la seule vie disponible. Et vous allez devenir de plus en plus tremblant, effrayé, avide.
Un enfant est né ; un enfant vient au monde très, très ouvert, totalement intelligent. Mais on lui saute dessus, on se met à détruire son intelligence. On commence par créer de la peur en lui. Vous appelez cela enseignement, vous dites que c’est pour que l’enfant puisse faire face à la rudesse de la vie. Il n’a pas peur et vous créez la peur en lui !
Vos écoles, vos collèges et vos universités… le rendent de plus en plus inintelligent !
Ils demandent des choses idiotes. Ils demandent de retenir des choses stupides, des choses dans lesquelles l’enfant et son intelligence naturelle ne peuvent voir aucun intérêt. Pour quoi ? L’enfant n’en voit pas le sens. Pourquoi fourrer ces choses dans sa tête ? Mais l’université dit, le collège dit, la maison, la famille… tous les gens bien intentionnés disent : « Apprends ! Si tu ne comprends pas maintenant, plus tard tu comprendras pourquoi c’était utile. »
Apprends l’histoire, tout ce non sens que des gens ont fait à d’autres, toute cette folie – étudie ! Et l’enfant ne peut pas en voir le sens. Quelle importance cela a-t-il de savoir qu’un certain roi a dirigé l’Angleterre, de telle date à telle date ?
Mais il doit mémoriser ces choses stupides.
Naturellement son intelligence est de plus en plus surchargée, abîmée. De plus en plus de saletés se collent sur son intelligence. Au moment où il est de retour de l’université, il est inintelligent – l’université a fait son travail ! C’est très rare que quelqu’un puisse obtenir un diplôme universitaire et cependant rester intelligent. Très peu de gens ont réussi à ne pas tomber dans le piège, à traverser l’université et malgré tout à conserver leur intelligence – ça arrive très rarement… C’est un mécanisme tellement puissant pour vous détruire !
Au moment où vous devenez éduqué, vous êtes devenu inintelligent. Pouvez-vous voir cela ? La personne éduquée se comporte très inintelligemment.
Allez voir les tribus primitives qui n’ont jamais été éduquées et vous allez voir la pure intelligence à l’œuvre.
J’ai entendu dire…
Une femme essayait d’ouvrir une boite, mais elle n’y arrivait pas ! Elle alla regarder dans le livre de cuisine. Mais pendant qu’elle regardait dans le livre, le cuisinier l’ouvrit. Lorsqu’elle revint elle fut surprise. Elle demanda au cuisinier : « Comment avez-vous fait ? »
Il répondit : « Madame, quand vous ne savez pas lire, vous devez vous servir de votre intelligence ! »
Oui, c’est juste. Quand vous ne savez pas lire vous devez vous servir de votre intelligence. Que pourriez-vous faire d’autre ?
À partir du moment où vous savez lire… quand vous avez appris la lecture, l’écriture et l’arithmétique – il n’est plus nécessaire d’être intelligent, les livres s’en occupent !
L’avez-vous observé ? Quand une personne se met à taper à la machine, elle perd son écriture manuelle ; son écriture n’est plus aussi belle. Il n’y en a plus besoin : la machine s’en occupe.
Si vous avez une machine à calculer dans la poche, vous oublierez tout des mathématiques – il n’y en a plus besoin. Tôt ou tard tout le monde aura de petits ordinateurs. Ils contiendront toutes les informations de l’Encyclopaedia Britannica, il ne vous sera plus nécessaire d’avoir la moindre intelligence : l’ordinateur s’en occupera.
Allez voir les primitifs, les gens sans éducation, les villageois et vous allez trouver une subtile intelligence. Oui, ils ne sont pas très informés, c’est vrai. Ils ne sont pas cultivés, c’est vrai – mais ils sont extrêmement intelligents. Leur intelligence est comme une flamme, sans fumée.
La société a fait quelque chose de faux de l’être humain – intentionnellement !
Elle veut que vous soyez des esclaves, elle veut vous voir tout le temps effrayé. Elle veut que vous soyez toujours avide, elle veut que vous soyez toujours ambitieux, elle veut que vous soyez toujours en compétition. Elle veut que vous soyez sans amour, elle veut que vous soyez plein de colère et de haine. Elle veut que vous restiez faible, imitateur – copie carbone. Elle ne veut pas que vous deveniez original, unique et rebelle, non. C’est pourquoi votre intelligence a été détruite.
La méditation est nécessaire seulement pour défaire ce que la société a fait. La méditation est négative : elle annule les dommages, elle détruit la maladie. Et une fois que la maladie est partie, votre santé s’affirmera d’elle-même.
Au cours du siècle dernier c’est allé trop loin : l’éducation universelle a été une calamité.
Et rappelez-vous, je ne suis pas contre l’éducation.
Je suis contre cette éducation-là.
Une autre éducation est possible, une éducation qui vous aiderait à affiner votre intelligence, au lieu de la détruire. Une éducation qui ne surchargerait pas votre intelligence de faits sans intérêts, qui ne la surchargerait pas du tout, mais qui plutôt l’aiderait à devenir plus lumineuse, plus fraîche, plus jeune.
L’éducation actuelle vous rend surtout capable de mémoriser. Cette éducation vous rendrait capable de plus de clarté. L’éducation actuelle détruit votre inventivité. Cette éducation vous aiderait à devenir plus inventif.
Par exemple l’éducation que j’aimerais voir donnée dans le monde ne demanderait pas à un enfant de répondre de la vieille manière stéréotypée. Elle n’encouragerait pas la répétition - les perroquets. Elle encouragerait l’inventivité.
Même si la réponse proposée n’était pas aussi juste que la réponse copiée aurait pu l’être, on pourrait néanmoins apprécier que l’enfant ait apporté une nouvelle réponse à un vieux problème. La réponse de l’enfant ne peut certainement pas être aussi juste que celle de Socrate – bien sûr que la réponse d’un jeune enfant ne peut pas être aussi précise que celle d’Albert Einstein. Mais demander que la réponse de l’enfant soit à l’égal de celle d’Albert Einstein est idiot.
Si l’enfant fait preuve d’inventivité, il ou elle va dans la bonne direction ; un jour cet enfant deviendra un Albert Einstein. S’il essaie de créer quelque chose de neuf, bien sûr il a ses limites, mais juste son effort pour essayer de créer quelque chose de neuf devrait être apprécié, et encouragé.
L’éducation ne devrait pas encourager la compétition. Les enfants ne devraient pas être jugés les uns par rapport aux autres. La compétition est très violente et très destructive.
Quelqu’un n’est pas bon en maths et vous le dites médiocre. Il peut être doué pour la menuiserie ; mais personne ne fait attention à cela. Quelqu’un n’est pas doué pour la littérature et vous le dites stupide – et elle sera peut-être bonne en musique, en danse.
Une réelle éducation aiderait les gens à trouver leur vie, là où ils pourraient être pleinement vivants. Si un enfant est né pour être charpentier, c’est alors la bonne chose à faire pour lui. Il ne devrait y avoir personne pour le forcer à faire autre chose.
Ce monde pourrait devenir un monde si magnifique, si intelligent, si on permettait à l’enfant d’être lui-même, elle-même, si on l’aidait, si on l’accompagnait de toutes les façons possibles et que personne n’interférait… si personne ne manipulait l’enfant !
Si l’enfant veut devenir un danseur, c’est très bien – les danseurs sont nécessaires. Le monde a besoin de beaucoup de danse. Si l’enfant veut devenir poète, bien ! Plein de poésie est nécessaire, il n’y en aura jamais trop. Si l’enfant veut devenir charpentier ou pêcheur, c’est parfaitement bien. Si l’enfant veut devenir bûcheron – très bien !
Il n’y a aucune nécessité de devenir président ou premier ministre. En fait si moins de gens se dirigeaient de ce côté, ce serait une bénédiction !
Actuellement tout marche sur la tête. Celui qui voulait devenir charpentier se retrouve docteur ; celui qui voulait devenir docteur est devenu charpentier… Tout le monde est à la place de quelqu’un d’autre, d’où tellement d’inintelligence – chacun fait le travail de quelqu’un d’autre. Quand vous vous mettez à voir cela, vous comprenez pourquoi les gens se comporte inintelligemment.
En Inde on a profondément médité et on a trouvé un mot : Swadharma, self-nature. Ceci est riche de grandes implications pour le monde futur. Krishna a dit : « Swadharma nadhanam shreyah » « C’est parfait de mourir dans votre propre nature, de suivre votre propre nature… » Per dharmo bavada baha, “la nature de quelqu’un d’autre est très dangereuse”.
Ne devenez pas un imitateur ; soyez juste vous-même.
On raconte que Bill voulait depuis toujours chasser l’élan, aussi mit-il de l’argent de côté pour partir dans les bois du nord. Là, il fit l’acquisition des équipements nécessaires et le commerçant lui recommanda d’embaucher Pierre, le plus grand appeleur d’élan du pays.
« C’est vrai », dit le commerçant, « que Pierre est cher, mais il y a une qualité sexuelle dans l’appel qu’il lance… qui le rend irrésistible pour les élans ! »
« Comment est-ce que ça marche ? » demanda Bill.
« Eh bien » dit l’homme, « Pierre repère un élan à trois cent mètres, alors il mets se mains en forme de coupe et il lance son premier appel.
Quand l’élan entend cela il commence à être excité par un désir bestial et se rapproche à deux cent mètres. Pierre lance alors un nouvel appel, mettant un peu plus de oomph… dedans et l’élan va alors s’avancer avec jubilation à une centaine de mètres. Cette fois Pierre donne vraiment à son appel une touche sexuelle, le prolongeant un moment, ce qui pousse l’élan, poussé par la pulsion charnelle, à s’approcher à seulement vingt cinq mètres de vous. Et c’est le bon moment, mon ami, de viser et de tirer ! »
« Supposez que je rate ? » se renseigne Bill.
« Oh, ce serait terrible ! » dit l’homme.
« Mais pourquoi ? » demanda Bill.
« Parce que le pauvre Pierre serait sailli ! »
C’est arrivé à l’être humain – imitation, imitation…
L’homme a complètement perdu la vision de sa propre réalité.
Les gens du Zen disent : découvrez votre visage originel ; trouvez votre authenticité.
Qui êtes-vous ?
Si vous ne savez pas qui vous êtes, vous serez toujours dans un processus accidentel – toujours. Votre vie sera une longue série de contretemps, et quoi que ce soit qui arrive ce ne sera jamais satisfaisant. Le mécontentement sera le seul parfum de votre vie.
Vous pouvez le voir partout autour de vous.
Pourquoi tellement de gens semblent-ils si lourds, submergés par l’ennui, juste à faire passer les jours comme ils peuvent ? Ils laissent passer un temps, qui a une très grande valeur, comme s’ils ne devaient jamais remonter la pente, et ils traversent tout cela avec une telle lourdeur, comme s’ils ne faisaient qu’attendre la mort….
Qu’est-il arrivé à tellement de gens ?
Pourquoi n’ont-ils pas la fraîcheur des arbres ? Pourquoi l’homme n’a-t-il pas les mêmes chants que les oiseaux ? Qu’est-il arrivé aux êtres humains ?
Une chose est arrivée : l’homme n’a fait qu’imiter. L’homme a essayé de devenir quelqu’un d’autre. Personne n’est chez lui. Chacun frappe à la porte de quelqu’un d’ autre ; d’où le mécontentement, la lourdeur, l’ennui, l’angoisse.
Une personne intelligente essaiera d’être juste elle-même, quel qu’en soit le prix.
Une personne intelligente ne copiera jamais servilement, elle n’imitera jamais. Elle ne sera pas un perroquet. Une personne intelligente écoutera son propre appel intrinsèque. Elle ressentira son être et agira en accord avec lui, quel que soit le risque.
Il y a risque ! Quand vous copiez les autres, il y a moins de risque. Quand vous ne copiez personne vous êtes seul – il y a risque. Mais la vie n’arrive qu’à ceux qui vivent dangereusement.
La vie existe seulement chez ceux qui sont aventureux, qui sont courageux, presque des risques tout – la vie est seulement pour eux. La vie n’existe pas pour les gens tièdes.
L’intelligence c’est la confiance en votre être.
L’intelligence est aventure, frisson, joie. L’intelligence c’est de vivre dans ce moment-ci, pas de rêver au futur. L’intelligence n’est ni de penser au passé, ni de se soucier du futur – le passé n’est plus, le futur n’est pas encore.
L’intelligence c’est de faire le meilleur usage du moment qui est disponible, tout de suite. Le futur découlera de cela.
Si ce moment a été vécu dans le ravissement et la joie, le moment suivant naîtra de cela. Il va donc naturellement apporter plus de joie, mais il n’est pas nécessaire de s’en soucier. Si mon aujourd’hui a été doré, demain sera encore plus doré.
Si cette vie a été une bénédiction, ma vie suivante sera une bénédiction encore plus grande.
D’où cela peut-il venir ? Cela émerge de moi, de mon expérience vécue !
Ainsi, une personne intelligente n’est concernée ni par l’enfer ni par le paradis, elle n’est pas concernée par ce qui se passe après la vie, elle n’est même pas concernée par Dieu, ni non plus par l’âme. Une personne intelligente vit simplement intelligemment, et Dieu, l’âme, le paradis, le nirvana… suivent naturellement !
Vous vivez dans la croyance, et la croyance est inintelligente. Vivez à partir de ce qui a été appris par l’expérience, cet apprentissage est intelligence. Et l’intelligence est méditation.
Les gens inintelligents méditent aussi, mais ils méditent certainement d’une façon inintelligente. Ils croient que vous devez aller à l’église tous les dimanches pendant une heure – que cette heure doit être donnée à la religion. C’est une manière très inintelligente d’approcher la religion. Votre vie réelle se trouve dans les six autres jours, et où l’église s’y trouve-t-elle ? Ce dimanche n’est pas réel. Vous allez vivre non religieusement pendant six jours et puis vous allez à l’église pour une ou deux heures ? Qui essayez-vous de tromper ? Vous essayer de faire croire à Dieu que vous êtes un pieux pratiquant…
Ou si vous êtes un peu plus appliqué… tous les jours pendant vingt minutes le matin et vingt minutes le soir vous faites la méditation transcendantale ? Vous vous asseyez en silence et vous répétez un mantra d’une façon très stupide – « Om, Om, Om, » - ce qui rend le mental encore plus lourd ! Répéter un mantra mécaniquement vous fait perdre votre intelligence. Cela ne vous favorise pas l’intelligence, c’est comme une berceuse.
À travers les siècles les mères ont utilisé cela. Quand une enfant est agité et ne veut pas aller se coucher, la mère vient et chante une berceuse. L’enfant se retrouve submergé par l’ennui, et il ne peut s’enfuir. Où aller ? La mère le tient au lit. La seule façon de s’échapper c’est de s’endormir. Alors il s’endort ; il abandonne. Il se dit : « C’est plus la peine de rester réveillé maintenant, car elle fait quelque chose de tellement ennuyeux, elle ne fait que répéter toujours la même phrase… »
Il y a des histoires que les mères et les grand-mères racontent aux enfants quand ils ne veulent pas aller se coucher. Si vous les regardez de plus près vous allez y découvrir un processus de constantes répétitions. Je lisais justement il y a quelques jours une histoire racontée par sa grand-mère à un jeune enfant qui ne voulait pas aller se coucher… parce qu’il ne ressentait pas d’aller dormir à ce moment-là !
Son intelligence lui disait qu’il était complètement éveillé, mais sa grand mère le forçait. Elle avait d’autres choses à faire – l’enfant est sans importance…
Les enfants sont très perturbés, les choses semblent complètement absurdes. Quand ils veulent dormir le matin, tout le monde veut les réveiller. Quand ils ne veulent pas aller dormir, tout le monde les y force. Ils sont très perplexes. Quel est le problème avec ces gens-là ?
Quand le sommeil arrive de lui-même, bien – c’est ça l’intelligence. Quand il ne vient pas, c’est très bien de rester réveillé.
Ainsi cette vieille grand-mère racontait une histoire. Au début l’enfant fut intéressé, mais peu à peu… tout enfant intelligent en aurait vite eu marre, seul un enfant stupide…
L’histoire est : Un homme va se coucher et rêve qu’il est devant un grand palais. Et dans ce palais il y a mille et une chambre. Alors il va d’une chambre à une autre – mille et une chambre ! – et puis il parvient à la dernière. Et là se trouve un lit magnifique, alors il tombe sur le lit, il s’endort et rêve… qu’il est devant la porte d’un grand palais qui a mille et une chambre… alors il visite les mille chambres, et il atteint la mille unième où se trouve un lit magnifique, alors il se couche et rêve qu’il est devant un palais… voilà comment ça se déroule !
Maintenant combien de temps est-ce que l’enfant peut rester éveillé ? Juste sous le coup de l’ennui l’enfant s’endort. Il se dit : « Finissons-en ! »
Un mantra fait la même chose. Vous répétez, « Ram, Ram, Ram… Om, Om… Allah, Allah… » ou n’importe quoi. Vous répétez et continuez à répéter…
Maintenant vous faites le travail des deux : celui de la grand mère et celui de l’enfant ! Votre intelligence est comme l’enfant, et votre connaissance du mantra est comme la grand mère. L’enfant essaie de vous arrêter, de s’intéresser à autre chose, il pense à des choses intéressantes – à de belles femmes, à de belles scènes. Mais vous le prenez sur le fait et le ramenez à « Om, Om, Om. » Peu à peu votre enfant intérieur sens que ce n’est pas la peine de lutter ; l’enfant intérieur s’endort.
Oui, le mantra peut vous donner un certain sommeil : c’est un sommeil hypnotique. Il n’y a aucun problème avec ça si vous avez du mal à vous endormir – si vous souffrez d’insomnie, c’est très bien. Mais cela n’a rien à voir avec la spiritualité : c’est une façon de méditer très inintelligente !
Quelle est donc la façon intelligente de méditer ? La façon intelligente de méditer est de mettre de l’intelligence dans tout ce que vous faites. En marchant, marchez intelligemment, avec conscience. En mangeant, mangez intelligemment, avec conscience.
Vous rappelez-vous d’avoir jamais mangé intelligemment, d’avoir fait attention à ce que vous étiez en train de manger ? Est-ce que c’était nourrissant ? Est-ce que ça avait des qualités nutritionnelles, ou étiez-vous juste en train de vous remplir sans que ce soit nourrissant ?
Faites-vous jamais attention à ce que vous êtes en train de faire ?
Vous fumez – de l’intelligence est nécessaire.
Qu’êtes-vous en train de faire ?
Vous aspirez juste de la fumée pour la rejeter, et au passage vous détruisez vos poumons ! Qu’êtes-vous réellement en train de faire gâchant ainsi votre argent, et votre santé ?
Apportez de l’intelligence au moment où vous fumez, au moment où vous mangez.
Apportez de l’intelligence au moment où vous faites l’amour à votre femme, à votre homme.
Qu’êtes-vous en train de faire ? Avez-vous réellement de l’amour ?
Parfois vous faites l’amour simplement par habitude. C’est alors très laid, c’est immoral. L’amour doit être extrêmement conscient, c’est seulement comme cela qu’il devient de la prière.
Quand vous faites l’amour à votre femme, qu’êtes-vous réellement en train de faire ?
Vous utilisez le corps de la femme pour rejeter une énergie qui est devenue trop pour vous ? Ou êtes-vous respectueux, êtes-vous aimant, avez-vous de la considération pour la femme ?
Je ne le vois pas.
Les maris ne respectent pas leurs femmes, ils les utilisent.
Les femmes utilisent leurs maris, elles ne les respectent pas.
Si la révérence ne naît pas de l’amour, alors l’intelligence manque quelque part.
Autrement vous vous sentiriez extrêmement reconnaissant envers l’autre, et votre acte sexuel deviendrait une grande méditation.
Apportez la qualité de l’intelligence dans tout ce que vous faites.
Faites-le intelligemment : c’est exactement ça la méditation.
L’intelligence doit rayonner dans toute votre vie. Ce n’est pas une chose du dimanche, et vous ne pouvez pas la faire pendant vingt minutes et puis l’oublier. L’intelligence doit être comme la respiration. Tout ce que vous faites – petit, grand, peu importe, nettoyer le sol – peut être fait intelligemment ou inintelligemment.
Et vous savez que quand vous le faites inintelligemment il n’y a aucune joie – vous faites votre devoir, supportant le fardeau que ça représente…
Osho : Intelligence – The creative response to now – chap 1
St Martin’s Griffin - New York
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