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mardi 21 juin 2011

Fukushima - Grippe H1N1 : même logique médiatique : par Jean-Jacques Crevecoeur

Message suivie du site: 
http://www.jean-jacques-crevecoeur.com/ 
 
Madame, Monsieur,
Chers amis,
Non, ne comptez pas sur moi.
Ne comptez pas sur moi comme vous l'avez fait en automne 2009, lorsque je me battais contre les projets de vaccination massive obligatoire contre la grippe H1N1.
Ne comptez pas sur moi pour mener un nouveau combat contre le nucléaire, suite aux événements catastrophiques qui ont lieu à Fukushima Daiishi.

Pourquoi ? Parce que ce combat que j'ai mené il y a près de deux ans m'a coûté très cher. Très cher en temps, très cher en énergie, très cher en argent, très cher en réputation, très cher psychologiquement, très cher émotionnellement, très cher spirituellement. Je savais intellectuellement que lorsqu'on lutte CONTRE ce qui nous semble le mal, on devient semblable à ce mal qu'on combat. Je le savais intellectuellement, mais je ne l'avais pas ressenti dans ma chair.

Avec le recul de ces dix-huit derniers mois, j'ai compris qu'une facette de mon action avait été très utile à des centaines de milliers de personnes qui ont reçu l'information dont elles avaient besoin pour prendre la décision de ne pas se faire vacciner avec ce vaccin dangereux et parfois mortel. Mon action (et celle des autres militants) a été utile pour faire reculer les gouvernements dans le projet de vaccination obligatoire (j'avais reçu la confirmation confidentielle de la part de militaires qu'ils attendaient les ordres pour encadrer par la force les opérations de vaccination - heureusement, ces ordres n'ont jamais été donnés, finalement, par crainte d'une guerre civile dans nos pays).

Par contre, une autre facette de mon action (celle où mes émotions ont pris les commandes de mes messages) a alimenté ce que je voulais combattre. Et ça, je ne suis pas près d'oublier la dure leçon de vie qui fut la mienne…

Néanmoins.

Je suis frappé de constater qu'une fois de plus, les industries et les gouvernements confirment leur sainte alliance avec les grands médias pour protéger leurs intérêts, en se moquant totalement de nos vies, de notre santé et de notre intégrité physique.

fukushima4-3-2-1.jpg

Je le répète. Je n'ai vraiment plus l'intention de partir en guerre contre qui que ce soit. Et je n'ai pas l'intention d'y passer des heures. Il me suffit de poser quelques questions, de vous transmettre quelques références informatives (pour vérifier le contenu de mes questions) et de vous laisser tirer vos propres conclusions. Voici les questions que je me (vous) pose :
  • Pourquoi les médias ont cessé de nous informer dix jours après la catastrophe nucléaire de Fukushima, alors que la situation là-bas ne cesse de s'aggraver ?
  • Pourquoi une des premières décisions prises par les autorités de santé publique a été de relever le niveau des doses acceptables qu'une population peut encaisser ? Comme si l'imminence de la catastrophe avait tout à coup rendu nos organismes plus résistants à la radioactivité…
  • Pourquoi les autorités de santé publique et les gouvernements ont-ils donné l'ordre de ne plus publier les mesures de radioactivité depuis fin mars ?
  • Pourquoi ces mêmes autorités ont-elles donné l'ordre d'arrêter de mesurer le taux de radioactivité dans l'hémisphère Nord, alors que nous payons avec nos impôts, les stations de mesure ?
  • Pourquoi nous a-t-on caché pendant deux mois et demi que les coeurs des réacteurs 1, 2 et 3 avaient fondu dans les heures et les jours qui ont suivi le 11 mars dernier, alors que plusieurs experts indépendants l'annonçaient dans les jours qui ont suivi la catastrophe ?
  • Pourquoi aucun conseil de protection ne nous est donné de la part des autorités de santé publique, à nous qui sommes concernés par la contamination de l'air, du sol et de l'eau ?
  • Pourquoi ne nous dit-on pas que, chaque fois qu'il pleut, nous devrions éviter de sortir, ou alors, utiliser un large parapluie pour ne pas ramener chez nous, de l'eau et des particules contaminées ?
  • Pourquoi presque aucun média n'a révélé que, dès la fin du mois de mars, le lait de plusieurs états américains avait un taux de radioactivité anormalement élevé (depuis lors, les mêmes constats ont été faits en France) ? En nous expliquant que la pluie avait contaminé l'herbe des prés broutée par les vaches…
  • Pourquoi ne nous révèle-t-on pas que la mortalité des bébés a brusquement augmenté ces deux derniers mois, dans les états de l'Ouest américain ? À Philadelphie, par exemple, la mortalité a augmenté de 48 % en un mois, à cause du lait contaminé et de l'eau contaminée du robinet… (référence)
  • Pourquoi ne nous dit-on pas que les centaines de milliers de tonnes d'eau déversées sur les réacteurs sont sur le point de déborder des sous-sols des centrales, et donc de contaminer encore davantage la région, les nappes phréatiques et l'océan ? Et que les Japonais n'ont aucune solution pour régler ce problème…
  • Pourquoi nous fait-on croire que la situation est sous contrôle, alors que les déversements d'eau n'ont fait que retarder le moment où une explosion majeure surviendrait ?
  • Pourquoi ne nous dit-on pas que le bâtiment numéro quatre est sur le point de s'effondrer, avec les risques de relâcher dans l'environnement, d'énormes quantités de plutonium capables de rayer le Japon de la carte pour 100.000 ans (référence) ?
  • Pourquoi toutes les vidéos d'un ressortissant français vivant au Japon ont-elles été supprimées de son compte Youtube depuis ce lundi 20 juin ? Il faut préciser qu'Alex mettait une vidéo quasi-quotidienne sur Youtube pour informer de la situation vécue depuis le Japon. Jusqu'à présent, ses vidéos étaient vues par deux à quatre mille personnes. Sa vidéo de ce week-end, dans laquelle il exprimait sa colère et son désespoir avait déjà reçu 67.000 visiteurs en 48 heures, au moment où son compte a été fermé ! Liberté de l'information, vous dites ? Heureusement, des internautes malins avaient eu la bonne idée de copier sa vidéo et de la remettre en ligne.
Une petite dernière, juste pour la route !
  • Pourquoi l'administration Obama vient-elle de donner l'ordre d'interdire le survol de la centrale de Fort Calhoun (Nébraska) par les avions de tourisme et les hélicoptères, empêchant les journalistes d'informer la population par la situation très préoccupante qui s'y déroule suite aux inondations provoquées par le débordement du Missouri ?
  • Pourquoi cette même administration a-t-elle ordonné qu'aucune information sur la situation périlleuse de la centrale ne soit divulguée (voir photo ci-dessous) ?
fortcalhoun.jpg

Voici quelques références à partir desquelles vous pourrez faire vos propres lectures. J'ai mis ces références sur mon site Internet, dans un dossier nucléaire. Chaque fois que je verrai passer un article de synthèse, je l'ajouterai sur mon propre site.

J'y ai passé une petite centaine d'heures, pour me faire une opinion personnelle, en vérifiant à chaque fois quel était l'intérêt de la personne qui parlait. C'est intéressant de remarquer que tous les experts indépendants, sans exception, sont critiques et inquiets de ce qui se passe et des conséquences pour l'environnement, la santé des populations et l'avenir de la planète. Par contre, aucun expert travaillant pour l'industrie du nucléaire, aucun gouvernement impliqué fortement dans le nucléaire (comme la France et les USA) n'est inquiet de ce qui se passe. Au contraire, ils réaffirment, haut et fort, que le nucléaire est irremplaçable, sûr et même bon pour lutter contre le réchauffement climatique… Alors, de quoi nous plaignons-nous ?

À vous de réfléchir à ce qui se passe dans notre monde.
À vous, à présent, d'oser sortir de votre naïveté à propos de la manière dont le monde fonctionne et est dirigé.
Croyez-vous franchement que les médias ont pour mission de nous informés ? Le croyez-vous vraiment ?
Croyez-vous franchement que les industries se préoccupent de notre bien-être, de notre santé, de notre vie ? Le croyez-vous vraiment ?
Croyez-vous franchement que les gouvernements sont là pour défendre les faibles que nous sommes contre les puissants de ce monde ? Le croyez-vous vraiment ?

C'est plus fort que moi. Mais je ne peux pas m'empêcher de faire un parallèle très simple avec l'affaire de la grippe H1N1.
  • Pour la grippe, il n'y avait aucun danger de pandémie. Des experts, comme le professeur Debré l'ont dit et répété dès juillet 2009. On voyait bien que dans l'hémisphère Sud (en plein hiver entre juin et septembre 2009), il y avait moins de morts que les autres années, malgré le fait qu'ils ne disposaient pas du vaccin salvateur… Malgré l'absence de danger, les médias ont entretenu un climat de peur quotidiennement depuis le 25 avril 2009 jusqu'au 15 décembre 2009 ! Quotidiennement. Avec quoi comme résultat ? 17.000 morts de la grippe en un an (contre 250.000 à 500.000 morts annuels dus à la grippe saisonnière), c'est-à-dire rien du tout !
  • Pour Fukushima et Fort Calhoun, il y a un vrai danger. Des milliers de kilomètres carrés sont déjà perdus pour des centaines d'années au Japon. Les bébés meurent aux USA, les produits laitiers sont contaminés, des centaines de millions de litres d'eau sont contaminées dans les sous-sols des centrales et dans l'océan. Des particules radioactives sont rejetées dans l'atmosphère en continu depuis trois mois. Que font les médias ? Rien. Ils ne disent rien.
Mon commentaire : pour la grippe H1N1, il fallait que les médias amplifient la peur face à un danger inexistant pour servir les intérêts d'une industrie en perte de vitesse (les compagnies pharmaceutiques). Pour Fukushima et Fort Calhoun, il faut que les médias se taisent face à un danger bien réel pour servir les intérêts d'une industrie en perte de crédibilité et de contrôle (le nucléaire).

Vous voulez un autre parallèle ?
  • Pour la grippe, l'OMS a abaissé ses critères de seuil de pandémie le 29 avril 2009 (quatre jours après la première alerte). Ce qui lui a permis de déclarer que la pandémie avait atteint le niveau 6 (le plus élevé) le 11 juin 2009, déclenchant automatiquement l'exécution des contrats qui avaient été signés quatre ans auparavant entre les gouvernements et les compagnies pharmaceutiques. Dans ces contrats, il était spécifié que si l'OMS éclarait une pandémie de niveau 6, les gouvernements s'engageaient automatiquement à commander les vaccins pour lutter contre cette pandémie.
  • Pour Fukushima, l'OMS et les autorités sanitaires ont relevé les seuils acceptables d'irradiation des populations et des travailleurs du nucléaire. Ce qui permet de ne pas être obligé d'ordonner des évacuations massives des populations, puisque ces nouveaux seuils ne sont pas atteints !
Mon commentaire : les notions de seuil biologique et les critères d'acceptabilité ne sont pas déterminés sur base médicale ou biologique, mais bien sur des bases politiques, économiques et financières.

Un dernier parallèle ?
  • Pour la grippe, les experts qui se sont prononcés en faveur de la vaccination et qui ont défendu la réalité de la pandémie étaient tous payés par les compagnies pharmaceutiques qui fabriquaient les vaccins. Ceux qui se sont prononcés contre la vaccination et qui ont dénoncé la manipulation des chiffres, des faits et de l'information n'avaient rien à gagner, au contraire (je suis bien placé pour en témoigner). Mais ce sont ces derniers qui se sont faits traités de menteurs, de conspirationnistes, de théoriciens du complot, de gourous de sectes, et j'en passe. Jusqu'à ce que quelques équipes de journalistes viennent confirmer ce qu'ils disaient, mais avec six à neuf mois de retard… Quand les caisses des compagnies pharmaceutiques étaient bien remplies et lorsque des milliers de personnes souffraient des effets secondaires du vaccin (décès, paralysies, neurodégénérescences, narcolepsies, malformations cardiaques chez les nouveaux-nés, etc.).
  • Pour Fukushima, les experts qui prennent la parole pour nous rassurer sur la sécurité du nucléaire, sur l'inocuité des rejets de Fukushima et sur la maîtrise de la situation sont, comme par hasard, tous payés par l'industrie du nucléaire. Ceux qui dépensent leur énergie sans compter pour relayer les quelques informations disponibles dans le monde n'ont rien à gagner, de nouveau. Pourtant, il suffit de se balader quelques minutes sur les forums pour voir comment ils se font agresser par ceux qui refusent de voir. Pendant ce temps-là, les bébés commencent à mourir dans l'Ouest des États-Unis…
Mon commentaire : tout est dit, c'est bien l'argent qui mène le monde.

Si j'en avais le temps, je recommencerais une même analyse approfondie à propos d'autres événements que nous vivons ou que nous avons vécus. Je vous inviterais à réfléchir, par exemple, à ce qui se cache derrière la bactérie E-Coli qui, soi-disant, provoque une hécatombe en Allemagne. Comme pour le virus de la grippe A H1N1, cette bactérie est jugée par les microbiologistes comme une impossibilité naturelle. Pour eux, il est impossible qu'une même bactérie soit résistante aux huit classes principales d'antibiotiques connus. Mais qui pointe-t-on du doigt comme responsable présumé de cette hécatombe (vous m'excuserez, mais 39 morts, ça n'a rien d'une hécatombe) ? Une vilaine exploitation fermière de produits biologiques en Allemagne… OUH les vilains qui cultivent encore à l'ancienne ! Mais ne vous en faites pas, les scientifiques ont déjà la solution : il suffira d'irradier systématiquement tous les aliments (comme beaucoup le sont déjà dans l'industrie agroalimentaire traditionnelle). Ainsi donc : adieu le bio, adieu les aliments vivants. Bienvenue dans le monde du tout chimique, du tout irradié, du tout aseptisé.

Cette fois donc, les médias ont intérêt à amplifier la peur pour servir les intérêts des industries agroalimentaires industrielles, promotrices des OGM et de la phytopharmacie.

Conclusion provisoire

Comme je vous le disais en commençant, ne comptez pas sur moi pour repartir dans un autre combat.
Car ce combat, comme tous les autres (gaz de schiste, hold-up des pays et des populations par les banques privées, chemtrails, terrorisme d'état, pseudo-réchauffement climatique, etc.), est inutile.

Pourquoi ?

Parce que toutes ces choses que nous vivons actuellement sont le symptôme de l'ancien monde qui s'effondre.
La logique du nucléaire est en train de s'effondrer et ne se relèvera pas.
La logique pharmaceutique est en train de s'effonder et ne se relèvera pas.
La logique agroalimentaire est à bout de souffle et ne se relèvera pas non plus.
La logique de concentration financière vit ses dernières heures avant une faillite globale et systémique.
Toutes les logiques fondées sur la préservation des intérêts d'un petit nombre au détriment de l'immense majorité des êtres vivants sur cette planète ont fait du monde un monde pourri.

Le piège dans lequel je me suis pris moi-même fut de croire que ce monde était mon monde. Je croyais que je faisais partie de ce monde, alors qu'il n'en est rien. Je ne partage aucune des valeurs de ce monde-là ; un monde fondé sur l'individualisme, sur la cupidité, sur l'indifférence, sur le cynisme, sur la méchanceté, sur le mensonge, sur la violence, sur l'inconscience. Je ne partage aucune de ces valeurs. Pourtant, je reconnais qu'il y a en moi des zones d'individualisme, de cupidité, de cynisme, de méchanceté, de mensonge, de violence et d'inconscience. Et c'est pour cela qu'un monde pareil peut encore tenir debout, malgré son extrême fragilité.

Depuis que je suis sorti du combat, en janvier 2010, je ne me pose qu'une seule question : COMMENT CRÉER ENSEMBLE UNE MEILLEURE VIE ?
Autrement dit, et si nous laissions ce vieux monde s'effondrer tranquillement, en souhaitant même que les choses s'accélèrent ? Et si nous investissions réellement nos énergies à créer un autre monde. NOTRE monde, celui qui correspond à ce à quoi nous aspirons de tout coeur… Un monde où nous mettrions la conscience au coeur de nos vies, un monde où nous pourrions reconnaître les parts de lumière comme les parts d'ombre qui se trouvent en chacun de nous. Un monde où le respect de la vie, de la nature, de la conscience serait la préoccupation centrale.

En écrivant cela, je suis bien conscient que je n'ai pas de solution concrète à vous partager. Mais sachez que je chemine dans cette voie. J'ai juste l'intuition que ce meilleur monde, c'est ensemble que nous en tracerons les contours et que nous en inventerons les lois. C'est la raison pour laquelle je redouble mes efforts pour incarner dans mon quotidien la voie alchimique, loin de cette dualité BIEN - MAL. J'espère que, vous aussi, vous trouverez la voie qui vous convient pour ne pas vous attacher à ce vieux navire en train de couler et pour sauter, tant qu'il est encore temps.

La seule chose dont je suis certain, c'est que plus nous lâcherons le matérialisme, moins nous subirons les chocs qui nous attendent ces prochains mois. C'est ce à quoi je travaille depuis dix ans maintenant. Je gagne cinq fois moins qu'il y a dix ans, je ne suis plus propriétaire de rien (ni maison, ni voiture), sauf de ma société et de mes ordinateurs, je n'ai plus aucun engagement financier auprès d'aucune institution (j'ai contracté jusqu'à 500.000 euros d'emprunt !). Je me sens prêt et plus léger pour accueillir la vague du changement. Et vous, êtes-vous prêt(e) ?

Restons debout, conscient et sans peur !
Message suivie du site: 

Jean-Jacques Crèvecœur
Montréal (Québec)

PS : Je vous autorise à reproduire, à diffuser, à traduire, à publier sur vos sites et vos blogs le présent courriel. Merci, simplement, de le publier intégralement et d'en citer la source.
 


mardi 30 novembre 2010

Opinion sur le livre "Monnaies régionales"

"MONNAIES REGIONALES, De nouvelles voies vers une prospérité durable"
Par Bernard Lietaer & Margrit Kennedy
Editions Charles Léopold Mayer, 2008

PARTIE 1 (OPINION)

J’ai bien aimé ce livre: il apparait très pertinent aujourd'hui, en regard de la crise financière actuelle.
Les avantages d’une monnaie complémentaire (MC) semblent trop beaux pour être vrais:
- Une économie plus stable : nous nous trouvons dans une époque où l’économie est très efficace (marché de devises atteignant en 2007 3.2 trillions de dollars par jour!) mais très peu stable (les crises financières importantes et nombreuses se déclenchent assez facilement). Cette caractéristique de haute efficacité combinée avec basse stabilité est due à la réduction progressive du nombre de monnaies se trouvant en circulation actuellement. Scientifiquement parlant, nous observons dans des domaines divers (e.g. biologie, physique, chimie) que la réduction du nombre de variables en question renforce l’efficacité tout en affaiblissant la stabilité.
- Une réduction du chômage et un renforcement du pouvoir d’achat dans la région et mobiliser les ressources régionales sous-utilisées.
- Une solution à des problèmes régionaux sans nécessairement faire appel à des financements centralisés.
- Une meilleure répartition des richesses (le système actuel est très efficace pour créer des richesses astronomiques pour une poignée de gens et de la misère pour la grande majorité)
- Une amélioration du réseau social: à l'ère de la mondialisation, le nombre d’échanges inter-humains, de vrais contacts, a beaucoup diminué. Par contre, les «cyber-échanges», disons les échanges virtuels pratiqués par l’interface d’une machine a largement augmenté… il semble que cela renforce la peur et le stress dans notre monde. Ainsi, on perd contact avec la vie, on oublie en quelque sorte le sens de la vie, pourquoi nous sommes ici. Contrairement à eux, les échanges inter-humains, les partages, et les activités plus simples de la vie quotidienne – nous rappellent ce qui est vraiment important dans la vie, nous donnent du gout à la vie. Tout cela semble se renforcer dans un système de monnaie complémentaire (MC) : Meilleur lien entre consommateur et producteur, renforcer l’identité régionale et le plus important, renforcer la dimension humaine dans les domaines de l’économie et de la monnaie.

J’ai trouvé que les auteurs de l’ouvrage étaient très réalistes et pragmatiques, tout en reconnaissant l’état pessimiste dans lequel nous nous trouvons (probable dégradation et crise prolongée). Ils restent cependant assez optimistes pour proposer des solutions alternatives tangibles et présenter de nombreux exemples de systèmes complémentaires, au passé et au présent. Ils n'omettent pas les critiques potentielles envers ces systèmes: renforcement le travail au noir, impôts, affaiblissement de l’Euro/Dollar, contre-intérêt des banques. En ce qui concerne la crise actuelle, les auteurs prédisent qu’il sera plus difficile d’obtenir des crédits bancaires, entraînant une récession économique mondiale, ce qui provoquera une nouvelle vague de détérioration de la santé des banques, entraînant, un cercle vicieux, de nouveau des restrictions de crédit – et cela pourrait durer une décennie. Ainsi, Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie et ancien économiste en chef de la Banque mondiale affirma à la suite du crash boursier de Septembre 2008 que l’économie était entrée en récession en forme de «L»: elle est tombée bien bas, probablement pour longtemps…

Il est aussi important à rappeler que nous rentrons actuellement dans une décennie dans laquelle 4 grandes tendances planétaires convergent: crise financière massive avec explosion du chômage, changements climatiques accélérés, disparition élevée des espèces, et les conséquences économiques et sociales du vieillissement de la population. Les auteurs ont déjà démontré que le système monétaire actuel ne pourrait faire face à aucun de ces défis séparément, et encore moins simultanément… Ainsi, les MC pourraient avoir la capacité de stabiliser et renforcer notre système monétaire pour faire face à ces défis.

Il est essentiel de préciser que les auteurs ne remettent pas en question les avantages de la mondialisation, mais rappellent que l’on n’est pas obligés d’en accepter tous les inconvénients. Ils préconisent le principe utile de la complémentarité. L’introduction des MC, comme l’est bien expliqué dans l’ouvrage, ne nuira pas à la création des richesses, mais évitera l’écart des revenus entre les régions et les centres. Car l'affaiblissement des régions entraine des bouleversements à l’échelle mondiale: immigrations massives (légales ou non), frustrations croissantes pouvant prendre des formes de violence ou de terrorisme. Les auteurs ne prétendent pas que le processus de mondialisation soit mauvais, ni qu’il faudrait remplacer l’Euro/Dollar par une autre monnaie mais proposent des solutions pragmatiques en alliant les Mcs et le système d’Euro/Dollar.

Pour utiliser un langage plus cartésien, précisons que les différences principales entre la monnaie centrale (Euro) et la MC sont que (1) la MC n’est pas officielle, donc elle n'est pas obligatoire conférant la liberté d'être utilisée ou refusée; (2) elle est principalement conçue pour privilégier le développement et le fonctionnement d’une région; donc elle ne doit pas être unique; et (3) la MC ne génère pas d’intérêt. Cependant, l’idée d’introduire des MCs pour consolider le développement des régions pourraient nous sembler non-orthodoxe. Cela est lié à l’éducation que nous recevons sur le système monétaire – il reste très incompréhensible pour la plupart d'entre nous. Son questionnement devient même sujet de tabou, comme si nous avions une seule façon d’opérer, et que vouloir changer quoique ce soit voudrait dire – trahir la modernisation, et le retour à l’ère pré-industrielle. Même les spécialistes d’économie ne sont pas assez informés de l’histoire de nos systèmes monétaires. Par conséquent, proposer de systèmes alternatifs pourrait paraître même dangereux.

vendredi 15 octobre 2010

Les dix stratégies de manipulation de masses

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.

1/ La stratégie de la distraction
Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l'attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d'informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s'intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l'économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l'attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d'abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu'on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
3/ La stratégie de la dégradation
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l'appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C'est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n'assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s'ils avaient été appliqués brutalement.
4/ La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l'accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d'accepter un sacrifice futur qu'un sacrifice immédiat. D'abord parce que l'effort n'est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s'habituer à l'idée du changement et l'accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
5/ S'adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s'adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d'une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
6/ Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion
Faire appel à l'émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l'analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l'utilisation du registre émotionnel permet d'ouvrir la porte d'accès à l'inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…
7/ Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l'éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l'ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le fait d'être bête, vulgaire, et inculte…
9/ Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l'individu qu'il est seul responsable de son malheur, à cause de l'insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l'individu s'auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l'un des effets est l'inhibition de l'action. Et sans action, pas de révolution!…
10/ Connaître les individus mieux qu'ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l'être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l'individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.
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« Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements »
  - Noam Chomsky -

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mercredi 1 septembre 2010

Monnaies complémentaires - suite 1

Les monnaies complémentaires – suite 1

Les monnaies complémentaires, c’est un sujet qui paraît trop utopique, alors le mental refuse de s’y intéresser, et pourtant c’est un sujet déjà d’actualité. Pour mieux le saisir vous pouvez tout de suite regarder cette courte vidéo, et lire ce court article – liens ci dessous. En effet plusieurs monnaies complémentaires fonctionnent actuellement en France et d’autres vont naître. Le mouvement s’accélérera lorsque ces monnaies seront indispensables à notre survie, et c’est pour bientôt !

Monnaie l’occitan à Pézenas – vidéo 3min : Cliquez ici.

Monnaie l’abeille à Villeneuve sur Lot - article : Cliquez ici.

Autre monnaie à Romans dans la Drôme, beaucoup, beaucoup de choses sur ce site :Cliquez ici.

Ecoutez (6min) la vison de Bernard Lietaer dans cette vidéo, pour lui la crise financière est installée pour au moins dix ans : Cliquez ici.

Pour montrer que quelques rares hommes politiques osent s’y intéresser, on peut lire ceci :
Préface du livre « Monnaies régionales » de Bernard Lietaer et Margrit Kennedy - Par Michel Rocard

La crise financière qui s'est déchaînée sur le monde en 2008 est d'une échelle et d'une complexité sans précédent. La récession qui s'annonce promet d'être longue, dure, la plus difficile depuis les années 1930. À l'époque, nous avons assez mal géré la situation économique et ses retombées socio-politiques. Cela a entraîné une vague de fascisme couronnée par la Seconde Guerre mondiale. Il est impératif de faire mieux. Ce petit livre dévoile une stratégie peu orthodoxe peut-être, mais pragmatique et capable d'engendrer une mutation systémique salutaire. Or, il nous faudra précisément des idées systémiques et nouvelles pour affronter cette crise et ses conséquences, même si elles ne sont pas orthodoxes, car après tout c'est l'orthodoxie qui nous a plongés dans les difficultés actuelles...
Le titre du premier chapitre du livre de Bernard Lietaer et Margrit Kennedy « Une Europe des régions » n'a rien de si inquiétant.
Il relève même d'une pensée largement partagée par une majorité de nos concitoyens. Car l'Europe est bien mal en point ces derniers temps et l'idée de rechercher dans la dimension ou les structures régionales les moyens d'un renforcement paraît sympathique à beaucoup. Mais la thèse, développée dans ce livre par Bernard Lietaer et Margrit Kennedy, encourageant l'introduction de monnaies régionales comme compléments nécessaires à l'euro peut au premier abord sembler étrange voire provocante.

L'euro est une monnaie. Comment une monnaie peut-elle avoir besoin de compléments ? Où a-t-on vu des monnaies cohabiter et servir alternativement aux échanges, au gré du porteur ? Au contraire, notre dernier souvenir, commun à plus de 300 millions d'européens, reste une belle nuit du jour de l'an où tous les francs, les marks ou les lires que nous avions dans nos poches ont vu leur valeur réduite à zéro, pendant que de nouvelles coupures se sont trouvées, par une décision qui confinait au miracle, porteuses d'une valeur symbolique. Cette valeur, calculée quelques mois plus tôt dans un rapport à chacune de nos monnaies précédentes, atteignait la cinquième décimale et dans le cas de notre franc multiséculaire s'illustrait par le nombre 6,55957 ! Un tel degré de précision était gage de sérieux. Quant à la mise en scène de cette méga opération, elle laissait clairement entendre qu'il n'était pas concevable que les deux monnaies coexistent durablement.
Au-delà de ces souvenirs pratiques, on peut penser que de manière générale, un pays digne de ce nom a une monnaie qui se tient, et en tous cas, qu'il n'en a qu'une. Cette monnaie est au demeurant une composante majeure de l'identité du pays en cause. C'est évident pour le dollar mais aussi pour le mark. Il faut, à ce titre, souligner l'audace et l'importance du choix allemand de renoncer au mark pour se rallier à une création radicalement nouvelle : l'euro.

Quel esprit original, sinon marginal, peut proposer de s'éloigner d'un système aussi simple et aussi évident ? Surprise: bien loin de s'illustrer comme singulier, Bernard Lietaer est un universitaire classique, professeur en finance internationale en Europe et aux Etats-Unis. Il a fait carrière à la banque centrale de Belgique, où il a été notamment responsable de la conception et de la mise en œuvre de l'ECU, le système de convergence qui a abouti à l'euro. Technocrate de la banque, il fut formé dans un des moules les plus traditionnels du système, celui des banques centrales.

Le message que Bernard Lietaer et Maigrit Kennedy entendent faire passer aujourd'hui est surprenant d'abord parce que son acceptation suppose une révision drastique de certaines informations que nous prenions pour des connaissances acquises.
La longue bataille politique qui a conduit nos pays d'Europe à adopter une monnaie unique émise par une autorité centrale est beaucoup plus le signe d'une volonté centralisatrice, d'un combat pour réduire voire supprimer l'autonomie, et donc le pouvoir ou l'influence des princes, c'est-à-dire des régions, que la traduction d'une modernité ou d'une meilleure efficacité.
Beaucoup d'entités politiques ont vécu longtemps avec un système monétaire dual.
Ainsi l'Ancien Régime français, du haut Moyen-Âge aux XVe et XVIe siècles a vu pendant plus de cinq cents ans la monnaie royale centrale, faite le plus souvent de pièces d'or et d'argent, complétée par des monnaies locales et régionales. Celles-ci étaient souvent produites en métaux semi-précieux comme le bronze, le cuivre, le plomb ou le fer. Par exemple, les méreaux, qui étaient utilisés pour beaucoup de paiements courants étaient émis par des villes, des abbayes, des organisations caritatives locales ou par la noblesse provinciale.
D'une toute autre manière, la Confédération helvétique a vu naître en 1934 une coopérative désireuse d'intensifier et de faciliter les contacts et les transactions entre petites et moyennes entreprises. Elle a émis une monnaie de compte, le WIR, l'équivalent d'un franc suisse. En soixante-dix ans, le volume annuel des WIR en circulation a atteint 1 700 millions de francs suisses, ce qui est petit mais certainement pas négligeable. Un expert financier américain a démontré que le WIR contribue significativement à la notoire stabilité économique suisse : il survit, sans plus, lorsque l'économie helvétique est en croissance nette, mais prospère et se développe lorsque l'économie nationale ou globale stagne ou régresse ce qui lui confère une fonction de refuge incontestable. Bref, il renforce spontanément le travail des banques centrales ! Vous découvrirez bien d'autres monnaies de ce type à la lecture de ce livre.

Le pouvoir monétaire prend dans nos économies contemporaines une importance telle qu'il a réussi à imposer une vision politiquement correcte de sa nature et de son histoire. Dans cette vision conventionnelle, la monnaie est un ensemble de signes permettant de procéder à l'échange, ayant une définition unique pour un territoire donné et portant signature de l'autorité centrale de ce territoire. Cette monnaie est considérée comme neutre, c'est-à-dire sans influence sur la nature et la valeur des échanges qu'elle permet.
Pour l'essentiel tout cela est faux !
Les systèmes monétaires multiples, ou au moins duaux, semblent avoir été au cours de l'histoire au moins aussi fréquents que les systèmes à monnaie unique. Toute monnaie est en constante variation. Lorsque des systèmes d'unités monétaires différents cohabitent, ils servent d'instruments à des échanges de produits ou de services variés et ne remplissent absolument pas dans les mêmes conditions les fonctions de monnaie de compte et encore moins celles de réserve de valeur.

Mais ici, l'essentiel est bien de percevoir que toute référence monétaire a des vertus propres, et qu'en les mettant en évidence au lieu de les oublier, on peut les valoriser et ainsi les dynamiser. Il y a déjà, en ce début de XXIe siècle, une expérience très connue qui permet de percer ces mystères monétaires oubliés et qui m'autorise à vous interpeller, c'est le système des « miles » de fidélité accordés par les compagnies aériennes à leurs voyageurs où chaque client dispose d'une réserve dans laquelle il peut puiser pour convertir ses miles en billet d'avion. Nous sommes indiscutablement en présence d'une monnaie, le fait qu'elle ne recouvre qu'un champ extrêmement spécialisé n'y change rien, même si notre auteur ne s'y intéresse que bien peu. Il reste qu'il y a là aujourd'hui une « réserve» de plusieurs milliers de milliards de kilomètres, dont l'usage se révèle être un énorme dopant pour le transport aérien.

Plus subtils, même s'ils n'ont pas atteint une pareille dimension et il s'en faut de beaucoup, sont les systèmes monétaires dont l'instrument d'échange est une unité de temps: «Je te fournis une heure d'aide en contrepartie de laquelle quelqu'un de notre communauté me fournira une heure d'aide.» Les types de savoirs rares ou en passe d'être oubliés peuvent se trouver revalorisés de cette manière. Or, la remise en circulation de savoirs inattendus se révèle être un moyen utile de lutter contre le sous-emploi.

Bref le message de Bernard Lietaer est surprenant mais simple et clair. Le champ mondial de nos grandes monnaies contemporaines les conduit à cesser de valoriser des ressources ou des savoirs marginalisés par le vaste mouvement de mondialisation qui marque notre époque. Réveiller ces savoirs, revaloriser ces ressources est un moyen puissant d'améliorer le niveau local de l'emploi, d'intensifier le dynamisme européen par la mise en œuvre d'un niveau régional actif, efficace et capable d'initiative. La création de monnaies régionales peut être une forte contribution dans ce sens. C'est d'ailleurs parce que les Allemands sont convaincus de ce raisonnement que depuis quelques années, se crée sur le territoire de la République fédérale, plusieurs dizaines de monnaies régionales ou «regios». L'affaire vaut bien d'être tentée plus largement en Europe.
Michel Rocard

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La monnaie complémentaire

Il y quelques semaines, j’ai assisté à une conférence donnée par Frédéric Bosqué (voir Internet), au sujet de la monnaie complémentaire. L’argent que nous connaissons, vous avez pu voir comment il fonctionne avec les vidéogrammes de Paul Grignon sur ‘l’argent-dette’ – on peut voir ces vidéogrammes sur internet.
Ce système d’argent est profondément corrompu, inhumain, puisque pour 93% il n’est qu’argent dette, ou argent crédit, créé de toute pièce par la signature de l’emprunteur au moment du contrat de prêt. Ce n’est pas de l’argent que quelqu’un possède et qu’il prête mais de l’argent qui est créé et qui disparaîtra à nouveau quand il aura été remboursé. Et celui qui l’a créé en a empoché les intérêts ! (45 milliards d’intérêts payés, par an, par la France, par exemple !) Ce pouvoir de créer de l’argent a été donné aux banques à la suite de tour de passe-passe permettant de faire voter des lois, par les différents pays, lois qui rendent légales ces pratiques. Et le système est devenu fou. La France emprunte un milliard d’euros par jour (c’est ce que j’ai entendu récemment à la radio) pour rembourser ses dettes (plus de 1.500 milliards d’euros) et ses nouveaux déficits – combien de temps cela peut-il durer ?
La convoitise et la cupidité balayent toute notion d’humanité, tout respect de l’individu, toute considération écologique, au profit de ‘faire du fric’. Les états sont mis en esclavage. Faire du fric en détruisant tout, Terre et hommes. On peut voir par exemple dans des documentaires comme ‘Let’s make money’ (en français) ou ‘La fin de la pauvreté ?’ comment les pays riches contrôlent par la menace, la violence et l’argent, les états Africains par exemple. Ou alors comment, plus près de nous, d’immenses résidences sont construites en Espagne, avec des golfs soigneusement arrosés, et ces résidences ne sont jamais habitées par personne, les appartements sont achetés et revendus sur le marché financier, ils sont comme une valeur virtuel, ils alimentent un marché, mais personne n’y habite jamais. Mais ils sont bien là, ils consomment une eau considérable pour l’entretien des golfs ! Les exemples absurdes sont innombrables.

Savez-vous que vous n’êtes pas propriétaire de l’argent qui est sur votre compte ? Vous le prêtez à la banque, qui peut très bien un jour vous dire qu’il a disparu… en toute légalité !
(voir ‘l’argent dette 2’). Le système de l’argent qui a été mis en place au fil des temps est d’un cynisme total. L’avidité et la peur de manquer d’argent balaye tout sens de l’humain. On n’a jamais réfléchi vraiment, individuellement, sur le sujet de l’argent, et le moment est venu de le faire. Et c’est très intéressant, et aussi tout à fait urgent.

Alors quel est l’avantage d’une monnaie complémentaire ? Une monnaie complémentaire n’a aucune prétention de vous faire gagner de l’argent mais elle a la prétention d’assurer votre survie en respectant la nature, en vous permettant de vivre une agréable confraternité avec d’autres. Elle repose sur le respect à tous les niveaux. On peut en voir un exemple dans le documentaire ‘L’argent’ de Carole Poliquin et Isaac Isitan (lien ci-dessous) qui montre en direct l’écroulement du système bancaire en 2003, c’est pas très vieux, en Argentine et en Turquie, et la création de monnaies alternatives pour survivre.
La monnaie complémentaire remet l’individu au centre de la vie collective. J’oserais dire que c’est pour la première fois une histoire d’amour avec l’humain – aussi bien avec la dimension humaine en général, qu’avec l’individu et soi-même. Et c’est révolutionnaire parce que jusqu’à maintenant on a vécu dans la compétition et l’exploitation de l’autre et de la nature. Ce n’est pas un hasard si les animateurs de ces nouvelles monnaies sont souvent des humanistes convaincus et militants.
La technologie moderne permet de concevoir une monnaie alternative gérée avec des cartes à puce, et par internet. Cette monnaie ne peut pas servir à la spéculation et elle ne peut donc pas se volatiliser un beau jour. Elle accompagne le vécu immédiat de chacun, sans créer aucun stress. Elle accompagne tout à fait harmonieusement la prise de conscience planétaire actuelle, portée par des millions de personnes, qui se soucient de se comprendre un peu mieux, et de vivre collectivement plus intelligemment.

Pour comprendre la technique de la chose il faut certainement laisser tomber le cynisme désabusé auquel on est habitué, et voir que le moment est vraiment venu de passer à l ‘acte.
Ceux qui s’investissent dans ce nouveau monde découvrent au fur et à mesure tout ce qu’offre cette nouvelle conception de l’argent. Frédéric Bosqué nous invite dans un premier temps à créer des réseaux locaux, tout en sachant qu’à la différence du ‘Sel’, le ‘Sol’ qui est la monnaie créée par son mouvement – site internet www.katao.fr - à la différence donc du ‘Sel’ le ‘Sol’ peut être national – tout cela est en phase d’expérimentation. Ils ont obtenu l’appui de la mairie de Toulouse qui va les aider, et bientôt on pourra payer les transports en commun à Toulouse en ‘Sol’. Et donc ces professionnels du sujet, qui ont quelques années de pratique considèrent que ce serait tout à fait intéressant si la monnaie complémentaire à laquelle on participe pouvait représenter 7% de nos dépenses. Pourquoi 7% ? Parce que c’est le pourcentage de la monnaie réelle dans le monde.

Il s’agit donc de s’y mettre. Ici, localement il y a déjà des personnes bien engagées. Notre vie de tous les jours peut être grandement facilitée, par ce type de monnaie.
Donc autant commencer à s’y mettre avant d’y être contraint, ou pris par surprise. La monnaie complémentaire est certainement un pas important vers la maturité de l’être humain.

J’ai écrit ce texte il y a quelques semaines, et depuis je suis parti à la découverte. Si vous tapez ‘monnaie complémentaire’ sur votre moteur de recherche, vous allez voir qu’il y a à découvrir. Un des meilleurs textes sur le sujet que j’ai trouvé est la conférence en 2009 de  Bernard Lietaer, grand spécialiste mondiale des monnaies. Je le mets après les liens juste ci-dessous.
Je vous recommande vivement de voir le documentaire ‘l’Argent’ de Isaac Isitan (liens ci-dessous – vous pouvez aussi l’acheter sur internet pour une meilleur qualité d’image) – le passage sur les monnaies complémentaires commence au milieu de la troisième partie.

Comme c’est un sujet neuf il faut du temps pour s’y familiariser, mais vous avez, dans ces 15 pages, de quoi vous faire une idée.  L’utilisation de l’argent que l’on a toujours connue n’est pas la seule façon de se servir de l’argent. On a beaucoup manqué d’imagination jusqu’à maintenant.

"L'argent" de Isaac Isitan en 4 parties. Documentaire de 2003, tourné principalement en Argentine et en Turquie - mais parfaitement d'actualité - avec des explications sur les monnaies locales - notre avenir ! (la monnaie complémentaire  commence dans la partie 3) :
1. http://www.dailymotion.com/video/x7ddsa_largent-de-isaac-isitan-2003-1sur4_news
2. http://www.dailymotion.com/video/x7de3b_l-argent-de-isaac-isitan-2003-2sur4_news
3. http://www.dailymotion.com/video/x7del7_largent-de-isaac-isitan-2003-3sur4_news
4. http://www.dailymotion.com/video/x7dets_l-argent-de-isaac-isitan-2003-4sur4_news

HB Juillet 2010


EXPOSÉ de BERNARD LIEATER
Présentation de l’orateur :
Bernard Lietaer : a été actif dans le domaine des systèmes monétaires durant trente ans dans une inhabituelle variété de fonctions ; à la Banque Nationale de Belgique, il était responsable pour la mise en oeuvre du mécanisme de convergence (ECU) vers le système européen de monnaie unique ; durant cette période, il était également président du système belge de paiement électronique ; il est l’auteur de quinze livres écrits en cinq langues, dont The Future of Money traduit en dix-huit langues ; son ouvrage le plus récent en Français est intitulé Monnaies Régionales : De nouvelles voies vers une prospérité durable ; plus d’informations sur l’auteur sont disponibles sur www.lietaer.com
L'exposé de Bernard Lietaer de mai 2009 se trouve sur ce lien :
http://2100.vaour.net/cmsms/index.php?page=32-monnaies-complementaires
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On peut écouter 5 minutes le philosophe Michel SERRES parler de son intérêt pour les  monnaies complémentaires - interview sur France Info : cliquez ici


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