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mardi 21 juin 2011

Fukushima - Grippe H1N1 : même logique médiatique : par Jean-Jacques Crevecoeur

Message suivie du site: 
http://www.jean-jacques-crevecoeur.com/ 
 
Madame, Monsieur,
Chers amis,
Non, ne comptez pas sur moi.
Ne comptez pas sur moi comme vous l'avez fait en automne 2009, lorsque je me battais contre les projets de vaccination massive obligatoire contre la grippe H1N1.
Ne comptez pas sur moi pour mener un nouveau combat contre le nucléaire, suite aux événements catastrophiques qui ont lieu à Fukushima Daiishi.

Pourquoi ? Parce que ce combat que j'ai mené il y a près de deux ans m'a coûté très cher. Très cher en temps, très cher en énergie, très cher en argent, très cher en réputation, très cher psychologiquement, très cher émotionnellement, très cher spirituellement. Je savais intellectuellement que lorsqu'on lutte CONTRE ce qui nous semble le mal, on devient semblable à ce mal qu'on combat. Je le savais intellectuellement, mais je ne l'avais pas ressenti dans ma chair.

Avec le recul de ces dix-huit derniers mois, j'ai compris qu'une facette de mon action avait été très utile à des centaines de milliers de personnes qui ont reçu l'information dont elles avaient besoin pour prendre la décision de ne pas se faire vacciner avec ce vaccin dangereux et parfois mortel. Mon action (et celle des autres militants) a été utile pour faire reculer les gouvernements dans le projet de vaccination obligatoire (j'avais reçu la confirmation confidentielle de la part de militaires qu'ils attendaient les ordres pour encadrer par la force les opérations de vaccination - heureusement, ces ordres n'ont jamais été donnés, finalement, par crainte d'une guerre civile dans nos pays).

Par contre, une autre facette de mon action (celle où mes émotions ont pris les commandes de mes messages) a alimenté ce que je voulais combattre. Et ça, je ne suis pas près d'oublier la dure leçon de vie qui fut la mienne…

Néanmoins.

Je suis frappé de constater qu'une fois de plus, les industries et les gouvernements confirment leur sainte alliance avec les grands médias pour protéger leurs intérêts, en se moquant totalement de nos vies, de notre santé et de notre intégrité physique.

fukushima4-3-2-1.jpg

Je le répète. Je n'ai vraiment plus l'intention de partir en guerre contre qui que ce soit. Et je n'ai pas l'intention d'y passer des heures. Il me suffit de poser quelques questions, de vous transmettre quelques références informatives (pour vérifier le contenu de mes questions) et de vous laisser tirer vos propres conclusions. Voici les questions que je me (vous) pose :
  • Pourquoi les médias ont cessé de nous informer dix jours après la catastrophe nucléaire de Fukushima, alors que la situation là-bas ne cesse de s'aggraver ?
  • Pourquoi une des premières décisions prises par les autorités de santé publique a été de relever le niveau des doses acceptables qu'une population peut encaisser ? Comme si l'imminence de la catastrophe avait tout à coup rendu nos organismes plus résistants à la radioactivité…
  • Pourquoi les autorités de santé publique et les gouvernements ont-ils donné l'ordre de ne plus publier les mesures de radioactivité depuis fin mars ?
  • Pourquoi ces mêmes autorités ont-elles donné l'ordre d'arrêter de mesurer le taux de radioactivité dans l'hémisphère Nord, alors que nous payons avec nos impôts, les stations de mesure ?
  • Pourquoi nous a-t-on caché pendant deux mois et demi que les coeurs des réacteurs 1, 2 et 3 avaient fondu dans les heures et les jours qui ont suivi le 11 mars dernier, alors que plusieurs experts indépendants l'annonçaient dans les jours qui ont suivi la catastrophe ?
  • Pourquoi aucun conseil de protection ne nous est donné de la part des autorités de santé publique, à nous qui sommes concernés par la contamination de l'air, du sol et de l'eau ?
  • Pourquoi ne nous dit-on pas que, chaque fois qu'il pleut, nous devrions éviter de sortir, ou alors, utiliser un large parapluie pour ne pas ramener chez nous, de l'eau et des particules contaminées ?
  • Pourquoi presque aucun média n'a révélé que, dès la fin du mois de mars, le lait de plusieurs états américains avait un taux de radioactivité anormalement élevé (depuis lors, les mêmes constats ont été faits en France) ? En nous expliquant que la pluie avait contaminé l'herbe des prés broutée par les vaches…
  • Pourquoi ne nous révèle-t-on pas que la mortalité des bébés a brusquement augmenté ces deux derniers mois, dans les états de l'Ouest américain ? À Philadelphie, par exemple, la mortalité a augmenté de 48 % en un mois, à cause du lait contaminé et de l'eau contaminée du robinet… (référence)
  • Pourquoi ne nous dit-on pas que les centaines de milliers de tonnes d'eau déversées sur les réacteurs sont sur le point de déborder des sous-sols des centrales, et donc de contaminer encore davantage la région, les nappes phréatiques et l'océan ? Et que les Japonais n'ont aucune solution pour régler ce problème…
  • Pourquoi nous fait-on croire que la situation est sous contrôle, alors que les déversements d'eau n'ont fait que retarder le moment où une explosion majeure surviendrait ?
  • Pourquoi ne nous dit-on pas que le bâtiment numéro quatre est sur le point de s'effondrer, avec les risques de relâcher dans l'environnement, d'énormes quantités de plutonium capables de rayer le Japon de la carte pour 100.000 ans (référence) ?
  • Pourquoi toutes les vidéos d'un ressortissant français vivant au Japon ont-elles été supprimées de son compte Youtube depuis ce lundi 20 juin ? Il faut préciser qu'Alex mettait une vidéo quasi-quotidienne sur Youtube pour informer de la situation vécue depuis le Japon. Jusqu'à présent, ses vidéos étaient vues par deux à quatre mille personnes. Sa vidéo de ce week-end, dans laquelle il exprimait sa colère et son désespoir avait déjà reçu 67.000 visiteurs en 48 heures, au moment où son compte a été fermé ! Liberté de l'information, vous dites ? Heureusement, des internautes malins avaient eu la bonne idée de copier sa vidéo et de la remettre en ligne.
Une petite dernière, juste pour la route !
  • Pourquoi l'administration Obama vient-elle de donner l'ordre d'interdire le survol de la centrale de Fort Calhoun (Nébraska) par les avions de tourisme et les hélicoptères, empêchant les journalistes d'informer la population par la situation très préoccupante qui s'y déroule suite aux inondations provoquées par le débordement du Missouri ?
  • Pourquoi cette même administration a-t-elle ordonné qu'aucune information sur la situation périlleuse de la centrale ne soit divulguée (voir photo ci-dessous) ?
fortcalhoun.jpg

Voici quelques références à partir desquelles vous pourrez faire vos propres lectures. J'ai mis ces références sur mon site Internet, dans un dossier nucléaire. Chaque fois que je verrai passer un article de synthèse, je l'ajouterai sur mon propre site.

J'y ai passé une petite centaine d'heures, pour me faire une opinion personnelle, en vérifiant à chaque fois quel était l'intérêt de la personne qui parlait. C'est intéressant de remarquer que tous les experts indépendants, sans exception, sont critiques et inquiets de ce qui se passe et des conséquences pour l'environnement, la santé des populations et l'avenir de la planète. Par contre, aucun expert travaillant pour l'industrie du nucléaire, aucun gouvernement impliqué fortement dans le nucléaire (comme la France et les USA) n'est inquiet de ce qui se passe. Au contraire, ils réaffirment, haut et fort, que le nucléaire est irremplaçable, sûr et même bon pour lutter contre le réchauffement climatique… Alors, de quoi nous plaignons-nous ?

À vous de réfléchir à ce qui se passe dans notre monde.
À vous, à présent, d'oser sortir de votre naïveté à propos de la manière dont le monde fonctionne et est dirigé.
Croyez-vous franchement que les médias ont pour mission de nous informés ? Le croyez-vous vraiment ?
Croyez-vous franchement que les industries se préoccupent de notre bien-être, de notre santé, de notre vie ? Le croyez-vous vraiment ?
Croyez-vous franchement que les gouvernements sont là pour défendre les faibles que nous sommes contre les puissants de ce monde ? Le croyez-vous vraiment ?

C'est plus fort que moi. Mais je ne peux pas m'empêcher de faire un parallèle très simple avec l'affaire de la grippe H1N1.
  • Pour la grippe, il n'y avait aucun danger de pandémie. Des experts, comme le professeur Debré l'ont dit et répété dès juillet 2009. On voyait bien que dans l'hémisphère Sud (en plein hiver entre juin et septembre 2009), il y avait moins de morts que les autres années, malgré le fait qu'ils ne disposaient pas du vaccin salvateur… Malgré l'absence de danger, les médias ont entretenu un climat de peur quotidiennement depuis le 25 avril 2009 jusqu'au 15 décembre 2009 ! Quotidiennement. Avec quoi comme résultat ? 17.000 morts de la grippe en un an (contre 250.000 à 500.000 morts annuels dus à la grippe saisonnière), c'est-à-dire rien du tout !
  • Pour Fukushima et Fort Calhoun, il y a un vrai danger. Des milliers de kilomètres carrés sont déjà perdus pour des centaines d'années au Japon. Les bébés meurent aux USA, les produits laitiers sont contaminés, des centaines de millions de litres d'eau sont contaminées dans les sous-sols des centrales et dans l'océan. Des particules radioactives sont rejetées dans l'atmosphère en continu depuis trois mois. Que font les médias ? Rien. Ils ne disent rien.
Mon commentaire : pour la grippe H1N1, il fallait que les médias amplifient la peur face à un danger inexistant pour servir les intérêts d'une industrie en perte de vitesse (les compagnies pharmaceutiques). Pour Fukushima et Fort Calhoun, il faut que les médias se taisent face à un danger bien réel pour servir les intérêts d'une industrie en perte de crédibilité et de contrôle (le nucléaire).

Vous voulez un autre parallèle ?
  • Pour la grippe, l'OMS a abaissé ses critères de seuil de pandémie le 29 avril 2009 (quatre jours après la première alerte). Ce qui lui a permis de déclarer que la pandémie avait atteint le niveau 6 (le plus élevé) le 11 juin 2009, déclenchant automatiquement l'exécution des contrats qui avaient été signés quatre ans auparavant entre les gouvernements et les compagnies pharmaceutiques. Dans ces contrats, il était spécifié que si l'OMS éclarait une pandémie de niveau 6, les gouvernements s'engageaient automatiquement à commander les vaccins pour lutter contre cette pandémie.
  • Pour Fukushima, l'OMS et les autorités sanitaires ont relevé les seuils acceptables d'irradiation des populations et des travailleurs du nucléaire. Ce qui permet de ne pas être obligé d'ordonner des évacuations massives des populations, puisque ces nouveaux seuils ne sont pas atteints !
Mon commentaire : les notions de seuil biologique et les critères d'acceptabilité ne sont pas déterminés sur base médicale ou biologique, mais bien sur des bases politiques, économiques et financières.

Un dernier parallèle ?
  • Pour la grippe, les experts qui se sont prononcés en faveur de la vaccination et qui ont défendu la réalité de la pandémie étaient tous payés par les compagnies pharmaceutiques qui fabriquaient les vaccins. Ceux qui se sont prononcés contre la vaccination et qui ont dénoncé la manipulation des chiffres, des faits et de l'information n'avaient rien à gagner, au contraire (je suis bien placé pour en témoigner). Mais ce sont ces derniers qui se sont faits traités de menteurs, de conspirationnistes, de théoriciens du complot, de gourous de sectes, et j'en passe. Jusqu'à ce que quelques équipes de journalistes viennent confirmer ce qu'ils disaient, mais avec six à neuf mois de retard… Quand les caisses des compagnies pharmaceutiques étaient bien remplies et lorsque des milliers de personnes souffraient des effets secondaires du vaccin (décès, paralysies, neurodégénérescences, narcolepsies, malformations cardiaques chez les nouveaux-nés, etc.).
  • Pour Fukushima, les experts qui prennent la parole pour nous rassurer sur la sécurité du nucléaire, sur l'inocuité des rejets de Fukushima et sur la maîtrise de la situation sont, comme par hasard, tous payés par l'industrie du nucléaire. Ceux qui dépensent leur énergie sans compter pour relayer les quelques informations disponibles dans le monde n'ont rien à gagner, de nouveau. Pourtant, il suffit de se balader quelques minutes sur les forums pour voir comment ils se font agresser par ceux qui refusent de voir. Pendant ce temps-là, les bébés commencent à mourir dans l'Ouest des États-Unis…
Mon commentaire : tout est dit, c'est bien l'argent qui mène le monde.

Si j'en avais le temps, je recommencerais une même analyse approfondie à propos d'autres événements que nous vivons ou que nous avons vécus. Je vous inviterais à réfléchir, par exemple, à ce qui se cache derrière la bactérie E-Coli qui, soi-disant, provoque une hécatombe en Allemagne. Comme pour le virus de la grippe A H1N1, cette bactérie est jugée par les microbiologistes comme une impossibilité naturelle. Pour eux, il est impossible qu'une même bactérie soit résistante aux huit classes principales d'antibiotiques connus. Mais qui pointe-t-on du doigt comme responsable présumé de cette hécatombe (vous m'excuserez, mais 39 morts, ça n'a rien d'une hécatombe) ? Une vilaine exploitation fermière de produits biologiques en Allemagne… OUH les vilains qui cultivent encore à l'ancienne ! Mais ne vous en faites pas, les scientifiques ont déjà la solution : il suffira d'irradier systématiquement tous les aliments (comme beaucoup le sont déjà dans l'industrie agroalimentaire traditionnelle). Ainsi donc : adieu le bio, adieu les aliments vivants. Bienvenue dans le monde du tout chimique, du tout irradié, du tout aseptisé.

Cette fois donc, les médias ont intérêt à amplifier la peur pour servir les intérêts des industries agroalimentaires industrielles, promotrices des OGM et de la phytopharmacie.

Conclusion provisoire

Comme je vous le disais en commençant, ne comptez pas sur moi pour repartir dans un autre combat.
Car ce combat, comme tous les autres (gaz de schiste, hold-up des pays et des populations par les banques privées, chemtrails, terrorisme d'état, pseudo-réchauffement climatique, etc.), est inutile.

Pourquoi ?

Parce que toutes ces choses que nous vivons actuellement sont le symptôme de l'ancien monde qui s'effondre.
La logique du nucléaire est en train de s'effondrer et ne se relèvera pas.
La logique pharmaceutique est en train de s'effonder et ne se relèvera pas.
La logique agroalimentaire est à bout de souffle et ne se relèvera pas non plus.
La logique de concentration financière vit ses dernières heures avant une faillite globale et systémique.
Toutes les logiques fondées sur la préservation des intérêts d'un petit nombre au détriment de l'immense majorité des êtres vivants sur cette planète ont fait du monde un monde pourri.

Le piège dans lequel je me suis pris moi-même fut de croire que ce monde était mon monde. Je croyais que je faisais partie de ce monde, alors qu'il n'en est rien. Je ne partage aucune des valeurs de ce monde-là ; un monde fondé sur l'individualisme, sur la cupidité, sur l'indifférence, sur le cynisme, sur la méchanceté, sur le mensonge, sur la violence, sur l'inconscience. Je ne partage aucune de ces valeurs. Pourtant, je reconnais qu'il y a en moi des zones d'individualisme, de cupidité, de cynisme, de méchanceté, de mensonge, de violence et d'inconscience. Et c'est pour cela qu'un monde pareil peut encore tenir debout, malgré son extrême fragilité.

Depuis que je suis sorti du combat, en janvier 2010, je ne me pose qu'une seule question : COMMENT CRÉER ENSEMBLE UNE MEILLEURE VIE ?
Autrement dit, et si nous laissions ce vieux monde s'effondrer tranquillement, en souhaitant même que les choses s'accélèrent ? Et si nous investissions réellement nos énergies à créer un autre monde. NOTRE monde, celui qui correspond à ce à quoi nous aspirons de tout coeur… Un monde où nous mettrions la conscience au coeur de nos vies, un monde où nous pourrions reconnaître les parts de lumière comme les parts d'ombre qui se trouvent en chacun de nous. Un monde où le respect de la vie, de la nature, de la conscience serait la préoccupation centrale.

En écrivant cela, je suis bien conscient que je n'ai pas de solution concrète à vous partager. Mais sachez que je chemine dans cette voie. J'ai juste l'intuition que ce meilleur monde, c'est ensemble que nous en tracerons les contours et que nous en inventerons les lois. C'est la raison pour laquelle je redouble mes efforts pour incarner dans mon quotidien la voie alchimique, loin de cette dualité BIEN - MAL. J'espère que, vous aussi, vous trouverez la voie qui vous convient pour ne pas vous attacher à ce vieux navire en train de couler et pour sauter, tant qu'il est encore temps.

La seule chose dont je suis certain, c'est que plus nous lâcherons le matérialisme, moins nous subirons les chocs qui nous attendent ces prochains mois. C'est ce à quoi je travaille depuis dix ans maintenant. Je gagne cinq fois moins qu'il y a dix ans, je ne suis plus propriétaire de rien (ni maison, ni voiture), sauf de ma société et de mes ordinateurs, je n'ai plus aucun engagement financier auprès d'aucune institution (j'ai contracté jusqu'à 500.000 euros d'emprunt !). Je me sens prêt et plus léger pour accueillir la vague du changement. Et vous, êtes-vous prêt(e) ?

Restons debout, conscient et sans peur !
Message suivie du site: 

Jean-Jacques Crèvecœur
Montréal (Québec)

PS : Je vous autorise à reproduire, à diffuser, à traduire, à publier sur vos sites et vos blogs le présent courriel. Merci, simplement, de le publier intégralement et d'en citer la source.
 


dimanche 10 avril 2011

Nous y sommes


Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal.
Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé…
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s'est marrés. Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.

Mais nous y sommes.
À la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
 « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderons quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.

D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille – récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie – une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.

A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas, archéologue et écrivain

mercredi 15 septembre 2010

Pourquoi tellement de conflits

suite de la réponse:

Il est impossible de se rappeler une époque de l’histoire humaine où les gens n’étaient pas en train de s’entretuer, au nom de la religion, de Dieu, ou même au nom de la paix, de l’humanité, ou de la fraternité universelle ! Des grands mots cachant d’hideuses réalités.

Les Chrétiens n’ont cessé de tuer les Musulmans, et les Musulmans de tuer les Chrétiens ; les Musulmans ont tué les Hindous, et les Hindous les Musulmans. Les idéologies politiques, les idéologies religieuses, les idéologies philosophiques ne sont que des façades, le but est le meurtre – assassiner avec de belles justifications !

Et toutes ces religions ont promis aux gens : « Si vous mourez dans une guerre religieuse, le ciel vous est acquis. Tuer dans la guerre n’est pas un péché ; être tué dans la guerre est une grande vertu. » Tout cela est d’une totale stupidité !

Mais dix mille ans de conditionnements se sont infiltrés profondément dans le sang, dans les os et dans la moelle même de l’humanité. Chaque religion, chaque pays, chaque race proclame : « Nous sommes le peuple choisi par Dieu ; nous sommes supérieurs ; les autres sont tous inférieurs. » C’est de la démence, et tout le monde a souffert de cela.

Les Juifs ont immensément soufferts à cause d’une seule folie qu’ils ont choisie : « Nous sommes choisis par Dieu. » Une fois que vous vous êtes mis en tête que vous faites partie des gens choisis par Dieu, les autres ne peuvent pas vous le pardonner, parce qu’ils sont eux aussi les gens choisis par Dieu ! Et comment décider qui est qui ?

Aucun argument ne peut être concluant, et personne ne sait où Dieu se cache, vous ne pouvez donc pas lui poser la question non plus. Vous ne pouvez pas le citer au tribunal, comme témoin!

Alors il ne reste plus que les armes pour décider qui est qui. Celui qui l’emporte est celui qui a raison ! La force a toujours primé le droit. Les Juifs ont souffert pendant des siècles, mais cette souffrance ne les a pas changé. Au contraire, cela les a renforcé dans l’idée qu’ils sont bien le peuple choisi par Dieu !!!
Les personnes qui leur ont dit : « Vous êtes le peuple choisi par Dieu » sont les mêmes qui leur ont dit aussi que ceux qui étaient choisis par Dieu avaient de nombreuses épreuves à traverser, qu’ils devaient vivre l’épreuve du feu, pour prouver leur valeur !

Je me rappelle ce qu’on raconte d’un vieux rabbin - qui devait être un homme sensé, lui – et qui priait Dieu. Il avait prié pendant de nombreuses années, mais n’avait jamais demandé quoi que ce soit - et comme vous le savez, la prière est une sorte de harcèlement : vous harcelez continuellement Dieu tous les jours, matin, après-midi, soir et même la nuit, cinq fois par jour… Dieu doit en avoir marre, il doit être complètement excédé !

Mais le rabbin ne demandait rien du tout, autrement l’histoire aurait eu une fin. S’il avait demandé quelque chose, il l’aurait reçu, et il lui aurait été dit, « Maintenant ça suffit ! » Mais il ne demandait rien, il ne faisait que prier. Dieu lui demanda finalement : « Pourquoi est-ce que tu ne cesses de me torturer ? Qu’est-ce que tu veux ? »
« Juste une chose : n’est-il pas temps pour Toi de choisir un autre peuple ? S’il te plaît choisi d’autres gens pour être ton peuple, on a assez souffert ! »

Mais cela n’est pas seulement vrai pour les Chrétiens, les Juifs, les Musulmans et les Hindous ; c’est la même chose pour tous les gens qui ont existé jusqu’à aujourd’hui. L’ego raciste, l’ego religieux, l’ego spirituel sont bien plus dangereux que l’ego individuel, parce que l’ego individuel est ordinaire. Vous pouvez le voir – tout le monde peut le voir, il est absolument visible, il fait surface. Mais quand l’ego devient racial – « L’Hindouisme est Grand » - vous n’avez pas l’impression que vous proclamez quelque chose qui vous concerne. Mais indirectement vous affirmez : « Je suis Grand parce que je suis Hindou, l’Hindouisme est Grand ! » C’est une manière indirecte de faire, plus subtile, plus malhonnête : « Je suis Grand parce que je suis Japonais, car les Japonais sont les descendants directs du Dieu soleil ; ou, « Je suis Chinois, et les Chinois sont les plus civilisés, la plus grande culture. »

Quand les Occidentaux arrivèrent en Chine pour la première fois, ils rirent en voyant les Chinois. Ils avaient l’air de caricatures, de personnages de bande dessinée, plutôt que d’hommes – juste quelques poils sur le visage en guise de barbe ! Quels sortes de gens est-ce là ? Les premiers Européens écrivirent dans leur journal intime : « Il semble que nous ayons découvert le chaînon manquant entre les singes et l’homme ! » Et qu’est-ce que les Chinois écrivirent dans les leurs ?

L’empereur de Chine lui-même fut très intéressé de voir les Européens, parce qu’il avait entendu beaucoup d’histoires à leur sujet. Ils furent invités à sa cour, pas parce qu’il respectait les Européens, mais juste pour voir de quoi ils avaient l’air ! Il n’en avait jamais vu avant… et il ne put s’empêcher de rire.
Il se mit à rire en voyant les Européens, et les Européens furent très déconcertés : « Pourquoi rit-il ? » On leur dit : « C’est une façon d’apprécier les gens. Il rit toujours, s’esclaffe, c’est sa façon d’accueillir ses hôtes. » Mais la réalité était toute autre, il ne pouvait pas croire qu’ils étaient bien des êtres humains! Il demanda à son entourage : « Les avez-vous attrapé dans la jungle africaine ? Ils ressemblent à des singes. »
Voilà comment fonctionne l’ego ! L’autre est toujours traîné plus bas que terre. Et comparé à lui, on se met au sommet !

Vous dites : « Le monde semble de plus en plus fou de jour en jour. » Ce n’est pas exact : il a toujours été comme ça !

Il se passe bien quelque chose de neuf, mais c’est une bénédiction, pas une catastrophe : pour la première fois dans toute l’histoire de l’humanité, quelques personnes deviennent conscientes que la façon que nous avons eu de vivre jusqu’à maintenant est quelque part fausse ; quelque chose manque clairement dans nos fondations mêmes.

Il y a quelque chose qui ne nous permet pas de devenir des êtres humains sains, équilibrés. Et les causes de notre démence se trouvent dans notre conditionnement. Chaque enfant naît sain d’esprit, et puis, petit à petit, on le civilise – on appelle cela ‘devenir civilisé’. On le prépare à faire partie de la grande culture, de la grande église, de la grande nation… à laquelle il appartient !

Toute notre approche est stupide, et du coup l’enfant devient stupide. Notre éducation, dans son ensemble, est détestable. Notre politique n’est rien d’autre que de l’ambition, de la pure ambition – de l’ambition pour le pouvoir. Et seuls les gens de la pire espèce sont intéressés par le pouvoir. Le pouvoir n’intéresse que les gens qui souffrent d’un profond complexe d’infériorité. Ils veulent prouver qu’ils ne sont pas inférieurs, ils veulent le prouver aux autres - ils veulent se prouver à eux-mêmes qu’ils ne sont pas inférieurs, qu’ils sont au contraire supérieurs.

Mais quel besoin y a-t-il de le prouver si vous êtes supérieur ? L’homme supérieur n’essaie pas de prouver quoi que ce soit, il est parfaitement à l’aise avec sa supériorité. C’est ce que dit Lao Tsu : l’homme supérieur n’est même pas conscient de sa supériorité ; et il n’y en a nul besoin. Ce n’est que la personne malade qui se met à se préoccuper de sa santé ; la personne en bonne santé n’y pense pas. La personne en bonne santé n’est pas dérangée d’être en bonne santé, c’est seulement le malade, le détraqué, qui en souffre. La belle personne, la personne vraiment belle n’a aucun problème par rapport à sa beauté. C’est seulement la personne abjecte qui s’inquiète constamment et qui fait tous les efforts possibles pour prouver que tout est normal. En fait, en prouvant aux autres : « Je ne suis pas inférieur, je ne suis pas abject, » il essaie de se le prouver à lui-même.

Les autres font office de miroir. Si l’autre peut dire : « OK, vous êtes génial… » Mais ils ne diront cela que si vous êtes quelqu’un de puissant, ou très riche ; autrement ils ne diront rien du tout. Qui est intéressé par votre ego ? Ils sont intéressés par LEUR ego - mais si vous avez la force avec vous, ils sont alors obligés de se soumettre… à contrecœur !

Adolphe Hitler était fou, mais personne en Allemagne n’a osé le dire. Beaucoup le ressentaient, qu’il était fou, mais c’est seulement quand il a été battu et qu’il s’est suicidé, que beaucoup de gens se sont mis à dire qu’ils l’avaient toujours pressenti. Même ses médecins personnels n’ont jamais osé lui dire quoi que ce soit – ils étaient pourtant supposés dire la vérité, ils étaient ses médecins – ils ne lui ont pas dit qu’il était malade, profondément malade et pas seulement physiologiquement, psychologiquement aussi. Il avait de nombreux cauchemars, il avait toujours peur de se faire tuer.

Il était obsédé par l’idée qu’il allait se faire assassiner, à tel point qu’il ne s’est jamais marié. Il ne s’est marié qu’après avoir décidé de se suicider, juste trois heures avant. Pour éviter d’être avec une femme dans la même pièce, il ne s’est jamais marié – car, qui sait ? la femme est peut-être une espionne, une ennemie, et lorsqu’il se sera endormi elle le tuera, l’empoisonnera... Il ne fit jamais confiance à personne, même pas à la femme qu’il prétendait aimer. Il n’avait pas d’amis, parce qu’avoir des amis veut dire ‘faire confiance’, et il était d’une méfiance absolue.

Les politiciens sont des malades, les prêtres sont des malades aussi…
L’humanité a toujours été malade. Elle a toujours été la tête à l’envers, elle a toujours été déboussolée, parce que vous avez été élevés dans pleins de mensonges.

Mais il y a une chose intéressante qui se produit aujourd’hui : il y a au moins quelques personnes des nouvelles générations, qui deviennent conscientes que tout notre passé a été déficient, et qu’un changement radical est nécessaire : « Nous avons besoin d’une coupure avec notre passé, nous voulons repartir de zéro, il est indispensable de repartir sur d’autres bases. Tout notre passé n’a été qu’une vaine tentative, sans résultats. »

À partir du moment où l’on accepte la vérité telle qu’elle est, l’homme peut redevenir sain. L’homme est né équilibré ; on l’a rendu fou. Si on est capable d’accepter qu’il n’y a ni nations, ni races, l’homme va retrouver son calme et sa tranquillité. Cette violence continuelle et ces agressions sans fin vont disparaître. Si on accepte notre corps d’humain, sa sexualité, naturellement, toutes les stupidités qui ont été prêchées au nom de la religion vont s’estomper.

Quatre vingt dix neuf pour cent de nos maladies psychologiques existent à cause de la répression sexuelle imposée aux individus. Nous devons libérer l’homme de son passé. C’est tout mon travail ici : vous aider à vous débarrasser du passé.

Tout ce que la société vous a fait doit être défait. Votre conscience doit être nettoyée, vidée, afin que vous puissiez être comme un miroir qui reflète la réalité. Être capable de refléter la réalité, c’est connaître Dieu. Dieu n’est qu’un autre nom pour la réalité : ce qui est. Et un homme est réellement sain seulement lorsqu’il connaît la vérité.

La vérité apporte la libération, la vérité apporte la santé mentale.La vérité apporte l’intelligence.
La vérité apporte l’innocence.La vérité apporte la béatitude. La vérité apporte la célébration.

Nous devons transformer la terre entière en un immense festival, et c’est tout à fait possible, parce que l’homme apporte avec lui tout ce qui est nécessaire pour transformer cette terre en paradis.

OSHO : Come, Come, Yet Again Come chapitre 12 © Osho International Foundation

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